La vision cohérente d’un homme d’État qui a voulu transformer le rôle du gouvernement fédéral au service du peuple.
Theodore Roosevelt n’était ni un socialiste ni un conservateur classique. Il croyait profondément au capitalisme et à l’entreprise privée, mais il refusait que les grandes fortunes et les trusts puissent dominer la vie politique et économique du pays. Son idée centrale : l’État fédéral doit être un arbitre puissant et impartial au-dessus des intérêts particuliers, capable de garantir la justice sociale, de protéger les ressources naturelles et de défendre la démocratie contre la corruption et l’influence de l’argent.
Cette vision, qu’il a appelée successivement Square Deal puis New Nationalism, a profondément marqué le XXᵉ siècle américain.
1901 — 1909
« Une carte carrée pour tous. » Roosevelt voulait que le gouvernement fédéral protège le citoyen ordinaire contre le pouvoir excessif des grandes entreprises.
Le plus grand héritage de Roosevelt
Convaincu que les ressources naturelles n’étaient pas inépuisables, Roosevelt a posé les fondements de la politique environnementale moderne aux États-Unis.
« La conservation n’est pas seulement une question économique. C’est une grande question morale. Nous avons le devoir de transmettre aux générations futures un pays aussi riche que celui que nous avons reçu. »
— Conférence des gouverneurs, 1908
Roosevelt voulait que les États-Unis deviennent une puissance mondiale reconnue, capable de faire respecter la paix par la force si nécessaire. Il refusait à la fois l’isolationnisme et l’impérialisme pur.
Discours d’Osawatomie, 31 août 1910
C’est le texte fondateur de sa pensée politique après la présidence. Roosevelt y expose clairement sa vision d’un État fort au service du bien commun.
« Nous sommes pour le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple — et contre le gouvernement des trusts, par les trusts et pour les trusts. »
L’une des plateformes les plus progressistes jamais présentées à une élection présidentielle américaine.
Roosevelt était convaincu que la démocratie représentative seule ne suffisait plus face au pouvoir de l’argent. Il a milité toute sa vie pour donner plus de pouvoir direct aux citoyens.
Beaucoup des réformes proposées par Roosevelt entre 1901 et 1912 ont fini par être adoptées au cours du XXᵉ siècle, souvent par des présidents de partis différents.